Au congrès annuel de l’électricité à Berne, le PDG d’EDF a confirmé que, accord avec l’UE ou non, la France peut exporter 10 à 12 TWh par an ou plus vers la Suisse, une déclaration ensuite édulcorée dans la communication officielle. Cet événement entre initiés s’est apparemment transformé en plaidoyer pour l’accord avec l’UE et en soutien de la stratégie du Conseil fédéral, sans débat contradictoire.
Chaque année, les milieux de l’électricité en Suisse se réunissent en un congrès ; le dernier a eu lieu à Berne les 14 et 15 janvier 2026. L’invité d’honneur qui a prononcé le discours d’ouverture était Bernard Fontana, PDG du groupe EDF.
L’EDF a joué et joue encore un rôle éminent dans l’approvisionnement électrique de notre pays. Ancien actionnaire de EOS, cette entreprise de l’État français avait contribué à la fusion avec ATEL pour former ALPIQ en 2009, elle s’en est retirée 2019. Un solide contrat avait duré des années qui allouait une part de la capacité de la centrale de Fessenheim à l’exportation en Suisse, en hiver. Mais cette centrale se trouve maintenant en démantèlement.
Apparemment, B. Fontana a parlé des défis posés par l’électrification croissante dans toute l’Europe. Mais pas seulement. Le site Swisspowershift, pourtant pas connu pour son indépendance de ce même milieu, en a rendu compte en mettant en exergue qu’il a déclaré clairement que, accord avec l’UE ou non, «nous exportons aujourd’hui vers votre pays entre 10 et 12 TWh par an, une quantité qui pourrait encore être accrue dans le cadre d’un accord coopératif clair».
Si l’on cherche un écho à cette déclaration sur le site de ce congrès, on ne trouve plus cette clarté :
« Dans son discours d’ouverture, Bernard Fontana, PDG du groupe EDF, a mis en lumière les défis stratégiques et les opportunités pour le secteur de l’énergie dans le contexte de l’électrification croissante. Il a souligné le rôle central des partenariats transfrontaliers et de la mise en réseau européenne pour garantir la stabilité et la sécurité d’approvisionnement dans un système en mutation. »
Apparemment, du grand bla-bla a été prononcé, et répété à l’envi, en faveur de l’accord avec l’Union Européenne sur le courant électrique, d’ores et déjà paraphé par la Suisse mais qui reste à être ratifié, ou non, à par ses citoyens et ses cantons.
Apparemment aussi, ce congrès a surtout été destiné au soutien inconditionnel de la stratégie du Conseil fédéral, avec importations et usines à gaz à la clé. En particulier, la publication d’un Indice suisse d’approvisionnement en électricité par l’Association des entreprises électriques suisses (AES), a précédé ce congrès et y a été loué comme instrument de mesure permettant d’estimer si cet approvisionnement est sûr.
Cet index est pourtant très problématique, même s’il constate les failles actuelles. On n’obtiendrait aucun point si les problèmes étaient résolus autrement qu’en suivant la voie sacrée d’une stratégie qui n’a pas fondamentalement changé depuis plus de dix ans ; et qui est toujours irréalisable et ruineuse selon l’avis des experts de CCN. Cet indice est peut-être un instrument de suivi de projet, mais il ne contribue en rien à une analyse de la position stratégique du pays en cette matière.
Pourquoi « apparemment » ? Tout ceci est raconté ici de manière indirecte car le prix, de 2’520.- Fr plus TVA par personne non-membre de l’association, était rédhibitoire. Voilà pourquoi ce congrès n’aura rassemblé que 400-500 subventionnés de ce même milieu. L’entre-soi est si confortable ! mais pas nécessairement amusant car aucune dispute ne s’y engage.
Dies ist ein Blog von Autoren, deren Meinungen nicht mit denen von CCN übereinstimmen müssen.
Sehr interessant – vielen Dank, Michel!
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